jeudi 20 septembre 2012

Plovdiv sous l'orage


Aujourd'hui, c'était une journée facile. Nous avons dévalé la route au fond d'une belle vallée. Nous étions complètement entourés de montagnes. Vers la fin de l'avant-midi, nous sommes sortis des montagnes majestueuses de la Bulgarie. Malgré cela, on peut quand même voir ces montagnes du côté sud de la route. Elles sont impressionnantes. Je crois bien que tout le reste du trajet, jusqu'à Istanbul, se fera sur du terrain plat.

Dans la vallée après avoir quitté Kostenets

Les montages du Grand Balkan le long de la route

Depuis, l'arrivée en Bulgarie, nous avons vu à quelques reprises des campements de Roms, mais vraiment pas beaucoup. On dirait que depuis qu'on avance, il y en a de plus en plus. On les voit ça et là le long des routes. J'ai aussi eu la curieuse impression qu'il se faisait de la prostitution le long du chemin. Quelques dames plantées çà et là, juste sur le bord de la route, en plein milieu de nulle part, pas de voiture ni de maison à proximité. Est-ce moi qui ai les idées mal tournées? Bizarre.

Nous sommes arrivés à Plovdiv, deuxième ville de Bulgarie. Une petite visite de fin d'après-midi et de début de soirée. Quelques photos, mais on n'a pas tellement le temps de visiter à cause de l'orage. À peine le temps de passer à côté de la mosquée et des vestiges du stade romain.

Une mosquée à Plovdiv

Les vestiges du stade romain à Plovdiv

Ce soir, au menu de souper, du poisson. Ça fait longtemps que l'on en a pas vu au menu. J'ai l'impression qu'on va en voir de plus en plus au fur et à mesure qu'on se rapproche de la mer Noire.

mercredi 19 septembre 2012

Sortir de Sofia

Avis aux cyclistes qui chériraient l'idée d'aller pratiquer leur activité préférée à Sofia: cette ville n'est pas pour vous. Elle n'est pas bike-friendly comme on dirait en latin. Bien que nous ayons pu très facilement entrer dans la ville en provenance de Serbie, en sortir à destination d'Istanbul est une autre paire de manches. Aucun aménagement cyclable, on se retrouve sur des grands boulevards, sinon sur des autoroutes. On a même dû emprunter un tunnel piétonnier sous une voie rapide avec les escaliers que cela implique. Je ne parlerai évidemment pas des rues en pavés du centre-ville et de l'intense circulation automobile.

La route empruntée aujourd'hui est généralement de qualité passable. Nous avons cependant eu droit à un tronçon d'environ un kilomètre qui était dans un état tel qu'on avait l'impression que la route avait été bombardée. On ne parle plus ici de nids de poule, mais de véritables cratères qui se chevauchent les uns les autres. J'ai demandé à une dame qui allait porter ses poires au marché si la route que nous avions devant nous était le véritable chemin menant à Kostenets. On pouvait certainement avoir des doutes sur le fait que cette route soit encore carrossable. On n'y voyait d'ailleurs aucun véhicule. Eh bien, oui, c'était le bon chemin. J'ai fini par comprendre en essayant de décoder les messages non-verbaux des deux dames (je ne décode pas encore le bulgare), que la route allait redevenir belle très bientôt. Elles avaient raison. Elles nous ont quitté en nous laissant à chacun une belle poire.
La route «bombardée»

Autre vue de la route «bombardée»

Les paysages à l'est de Sofia sont vraiment très beaux. En fait, on suit en général une très large vallée entre deux très hautes chaînes de montagnes. Kostenets, pas ailleurs, où nous logeons ce soir est situé dans une vallée étroite où coule une petite rivière qui, s'il ne pleut pas bientôt risque d'être asséchée. Nous y avons trouvé un petit hôtel très bien dans un quartier résidentiel. C'est très tranquille. Le confort total.

Les montagnes des Balkans au loin

On file vers les montagnes

Dans la vallée un peu avant Kostenets

mardi 18 septembre 2012

Sofia

La visite de Sofia a débuté par la cathédrale Alexandre-Nevski. C'est une superbe cathédrale orthodoxe que nous avons pu pleinement admirer, étant donné que nous sommes en dehors de la saison des hordes touristiques. En fait, il y avait beaucoup plus de visiteurs pieux que de touristes. On a bâti cette cathédrale pour célébrer la libération de la Bulgarie, jusqu'alors sous domination ottomane. J'aurais bien aimé prendre des photos de l'intérieur, mais c'est interdit.

La cathédrale Alexandre-Nevski
Nous nous ensuite dirigés vers la basilique Sainte-Sophie, juste à côté, celle-là même qui a donné son nom à la capitale de la Bulgarie. Cette église orthodoxe a été terminée au VIe siècle. On se préparait à y célébrer un baptême. La basilique est petite à côté de la cathédrale Alexandre-Nevski. Je n'ai pas pu la photographier, même de l'extérieur, puisque dès qu'on prend le recul nécessaire, elle est masquée par des arbres.

Tant qu'à visiter des églises, nous avons bifurqué vers l'église russe Saint-Nicolas. Comble de malchance, l'intérieur était en rénovation, on n'y voyait que des échafaudages. On y a préservé un tout petit espace pour les gens qui souhaitent y venir prier et, bien sûr, pour le comptoir de vente d'articles religieux. L'extérieur est superbe.

L'église russe Saint-Nicolas
On marche un peu dans le parc public en face du Théâtre national. Il y a de grandes places publiques et beaucoup de verdure dans le centre de Sofia. Cela contribue certainement au charme de la ville et à l'impression de calme qu'on y trouve, malgré la foule et la circulation automobile d'une grande ville.

Le Théâtre national

Le parc face au Théâtre national
Comme c'était le cas en Serbie et le long de la route hier après notre passage en Bulgarie, on trouve des chiens errants ça et là dans la ville. Ils ont l'air mal en point et affamés. À l'opposé, on ne voit à peu près pas de gens promenant leur chien en laisse.

Un chien errant dans un parc de Sofia
Pour ceux que ça intéresse, Julien s'est acheté de nouvelles gougounes (des babouches, pour les gens du Saguenay-Lac-Saint-Jean). Il les avait oublié à l'hôtel de Novi Sad.

lundi 17 septembre 2012

En route pour la Bulgarie

Un coup d’œil à travers la fenêtre de la chambre d'hôtel à Pirot laisse entrevoir du beau temps. On voit les montagnes au dessus des toitures d'ardoise et un peu de brouillard qui traîne entre les montagnes.

Vue de la chambre d'hôtel à Pirot en Serbie

La montée à travers les montagnes s'est encore poursuivie aujourd'hui. Un autre cinquante kilomètres de montée graduelle. On prend quelques pauses bien méritées le long d'une route surtout empruntée par les camionneurs voyageant entre la Turquie et le reste de l'Europe et, entre autres, une bonne pause, qui sera notre dernier arrêt en Serbie, devant un petit resto gardé par un chien pas très beau mais à l'air sympathique. Il y a un petit village à proximité et les gens attendent l'autobus le long de la route.

Un arrêt d'autobus le long de la route en Serbie

Un chien serbe sympathique
Au poste frontière, la douanière bulgare n'en revient tout simplement pas que nous soyons partis du Canada pour faire le trajet entre Vienne et Istanbul à vélo. Elle s'extasie encore plus lorsque, consultant nos passeports, elle découvre nos dates de naissance. Nous sommes entrés en Bulgarie avec tous les honneurs.

La partie de la Bulgarie entre la frontière et Sofia offre souvent de beaux points de vue. On voit des montagnes tout le tour et de grands espaces.

Le long de la route vers Sofia
À Sofia, on fait un arrêt pour consulter le plan de la ville, question de voir dans quelle direction se trouve le centre-ville. Un monsieur nous entend parler et nous donne tous les renseignements requis dans un français impeccable. Il trouve que j'ai l'accent canadien. On loge finalement dans un Best Western et le préposé aux bagages nous sert, lui aussi, en français. Une fois dans la chambre, j'ouvre le téléviseur et tombe sur le canal France 2. On dirait que le français est vraiment présent ici. Peut-être une série de coïncidences. Curieux.

Demain, c'est congé. On visite Sofia.


dimanche 16 septembre 2012

Les montagnes des Balkans

Ce matin, départ en direction de Pirot, petite ville située à 75 kilomètres de Nis, en amont de la rivière Nisava. Nous avons donc pédalé une longue montée de 75 kilomètres. Une montée somme toute relativement facile, puisque la route suit une voie ferrée. Ça vous donne une idée de la pente. Beaucoup de circulation, cependant, et un gros trafic lourd. Il y a plusieurs tunnels à traverser. Les plus longs (environ 200 mètres) doivent être traversés à pied sur un minuscule trottoir car la chaussée est trop étroite et les tunnels non éclairés. Les camions ne nous verraient pas.

La beauté du paysage est surprenante. Sur une vingtaine de kilomètres, la vallée se rétrécit et devient une gorge. Dans le Sud-Ouest américain, on parlerait probablement d'un canyon. Je ne m'attendais pas à ce genre de paysage.

Les montages des Balkans entre Nis et Pirot

Un des nombreux tunnels routiers

On a gossé la montage pour faire passer la route

La route Nis - Pirot
Surprise sur la route. Alors que nous sommes encore à quelque cent kilomètres de Sofia, on nous annonce déjà Istanbul. Je regarde en direction opposée pour voir si on annonce Vienne. Aucune trace. On annonce plutôt Nis, cinquante kilomètres plus bas.

Nous sommes sur le bon chemin
Je ne vous ai pas encore parlé des contrôles administratifs en Serbie. Ici, dès que vous arrivez à l'hôtel, on vous demande votre passeport qu'on conserve, au mieux pendant une dizaine de minutes, au pire, jusqu'à ce que vous régliez la note le lendemain matin. On vous remets un papier certifiant que vous logez bien à l'hôtel choisi. Il semble y avoir un rapport pour la police. Aujourd'hui, la jeune dame qui travaillait à la réception nous a demandé où et quand exactement nous étions entrés en Serbie. Le tampon sur le passeport était difficile à lire. Ici, il semble que ce soit bien important de savoir les allées et venues des touristes. J'espère qu'ils sont plus souples en Bulgarie. Nous y serons demain.

samedi 15 septembre 2012

Les chiens

La journée a débuté par un orage qui, fort heureusement pour nous cyclistes, s'est vite dissipé. Le temps est demeuré nuageux et frais. Un vent du nord. Les conditions idéales. En fait, la première partie du trajet jusqu'à Nis, troisième ville de Serbie, s'est faite dans des conditions idéales sur une chaussée parfaite. Nous avons cassé la croute dans un village très animé où, tout comme hier, des marchands vendaient leurs piments. De pleines cargaisons. Il y avait aussi un vieux camion de billots que déchargeaient deux jeunes hommes costauds sans aucun gant. Ça doit être dur pour les mains.

Un chargement de poivrons

Un chargement de billots
J'ai l'impression qu'aujourd'hui, j'ai vu encore plus de chiens que les autres journées. Des chiens, il y en a ici partout, et il sont très souvent errants. Ils traversent la rue du village à tout moment. On les voit souvent traverser la route. Parfois rapidement, parfois nonchalamment, parfois sur trois pattes. Pas étonnant qu'on en retrouve morts sur le bord des routes. Mais ils ne sont pas dangereux. Je les aime bien.

Je ne vous ai pas encore parlé des stèles funéraires qu'on retrouve en grand nombre le long des routes serbes. Sûrement des victimes de la route. Il y en a aussi chez les humains, pas seulement les chiens. Ce n'est pas étonnant avec le genre de conduite automobile qu'on observe ici.

Stèle funéraire le long de la route

Stèle funéraire le long de la route
Nous arrivons à Nis au moment d'une manifestation nationaliste avec les drapeaux serbes brandis. La police veille au grain. Un peu de gaz lacrymogène et c'est tout. Les gens n'y font pas plus attention que ça. C'est juste devant l'hôtel où nous logerons au 13e étage, pudiquement appelé l'étage M. Nous avons une vue sur la ville et la forteresse.

Vue de la forteresse de Nis

vendredi 14 septembre 2012

La route des piments

J'ai bien fait de demander conseil à la réceptionniste de l'hôtel avant de quitter Kragujevac ce matin. Le parcours que nous avions envisagé allait presque en ligne droite avec notre destination d'aujourd'hui. Nous avions prévu 75 kilomètres. Elle nous a déconseillé cette route, car elle passe à travers les montagnes. Elle nous a plutôt suggéré un parcours, plus long, qui passe par les vallées. C'est vingt kilomètres de plus, mais beaucoup plus facile. Nous nous sommes rangés à sa suggestion et ne l'avons pas regretté. Un peu avant quatre heures, nous étions déjà arrivés à destination après un parcours de 95 kilomètres. Une route dans une vallée, ça nous change des routes de montagnes. On suivait une belle rivière. C'est un affluent de la rivière Morava.

Un affluent de la rivière Morava à Grabovac
Un affluent de la rivière Morava à Grabovac
Outre le fait de suivre le parcours de la rivière, cette route a ceci de particulier qu'elle passe à travers des champs de piments. Et c'est présentement la période de récolte pour les piments, plus particulièrement les poivrons. Les paysans passent sur la route et dans les villages avec de pleines charrettes de piments. Il y en a des tonnes, on ne voit que ça. Dans un village dont j'oublie le nom, il y avait plusieurs dizaines de charrettes de poivrons alignées des deux côtés de la route, déjà pas large. J'imagine qu'il y avait là des grossistes pour acheter la production de piments de la région. Je me demande bien ce qu'ils font avec les piments. Quand on va au restaurant, on en voit rarement dans notre assiette.

Un peu plus loin, sur la même route, nous nous sommes arrêtés devant un petit marché, question de se reposer et de boire un peu d'eau. Ce genre de petits marchés, plus similaire à nos dépanneurs qu'à un véritable marché d'alimentation, sont un peu nos points de prédilection pour les pauses, car on peut s'y approvisionner. Comme Julien et moi discutions ensemble, le propriétaire de l'établissement est venu nous trouver, car il avait remarqué que nous parlions français. Dans un français plus que laborieux, il nous a appris qu'il avait vécu en France quand il était enfant. Ensuite, il est allé chercher son père, dont le français est un peu meilleur et nous a invités à venir nous asseoir avec eux à une de ces tables qu'on retrouve devant chaque petit marché. Nous avons conté notre histoire habituelle et le père, de son côté, nous a appris qu'il avait travaillé cinq ans chez Peugeot en France dans les années 1960. Encore une journée qui nous démontre l'accueil chaleureux des Serbes.

Un marché dépanneur

Aujourd'hui, nous logeons dans un hôtel avec vue sur une ruine, sûrement d'importance historique pour la région. Mais on n'en sait pas plus. Pas vraiment d'indications.

Vue de la fenêtre de la chambre d'hôtel à Krusevac